Le 10 septembre, Matthieu Sarrat a officiellement remplacé son père, Michel Sarrat, à la tête de la société de logistique GT Solutions. Si les comptes sont sous contrôle, le nouveau directeur-général devra entre autres composer avec le manque de mains-d’oeuvre.

Les partenaires de GT Solutions peuvent souffler, la relève est assurée. Le 10 septembre, Michel Sarrat a laissé le poste de directeur général à Matthieu Sarrat, son fils. Il occupait cette fonction depuis 1986. « Les entreprises familiales présentent l’avantage de concilier des décisions rapides avec une continuité durant des temps longs. Malgré tout, ces formes de sociétés restent fragiles au moment de la transmission de la direction, observe l’intéressé. Je m’étais préparé à toutes les éventualités. Mais, il y a cinq ans, Matthieu nous a fait part de sa disponibilité pour rejoindre le groupe. Je suis convaincu que c’est le meilleur pour GT Solutions. » Le père garde néanmoins un œil sur la gouvernance : il reste président du conseil d’administration.

Diplômé de l’École des hautes études commerciales et de Sciences Po Paris, Matthieu Sarrat a travaillé plusieurs années pour le cabinet de conseil en stratégie Oliver Wyman. « Cette expérience m’a donné un certain recul, analyse-t-il. J’apprécie d’œuvrer dans une entité de taille moyenne où vous pouvez comprendre tous les mécanismes et où vous influer pleinement sur le cours des choses. Nous n’avons pas la volonté de devenir énorme dans un seul métier mais d’être capable d’opérer dans tous les segments susceptibles d’intéresser nos clients, afin de leur proposer des offres complètes. »

En guise d’introduction au monde des camions, le futur patron a occupé à partir de 2015 des responsabilités dans la filiale GT Centre Ouest. Il a ensuite assuré la gestion conjointe de la direction commerciale de la société. À ce poste, il a notamment supervisé le rachat de la société Fret Industrie en octobre 2018.

Trouver des chauffeurs

Le nouveau directeur général prend ses fonctions dans une situation complexe. Les résultats demeurent plutôt bons pour le secteur. Au 31 décembre 2018, il enregistrait un chiffre d’affaires de 202 millions d’euros. Certes, ce dernier est gonflé par deux acquisitions (Fret Industrie donc et la société DLS), mais la croissance organique du groupe s’élève tout de même à 10 %. En revanche, l’activité quotidienne se révèle difficile. En une année, il a fallu remplacer 500 des 1 600 conducteurs qu’emploie le transporteur girondin. « C’est une remise en cause fondamentale de notre métier », constate Michel Sarrat.

Toutefois, cette crise peut aussi apporter son lot d’opportunités. « Aujourd’hui, des petites structures externalisent vers les entreprises plus grandes, remarque le président du conseil d’administration. Elles jugent que nous sommes plus à même de résoudre ce problème. » Pour tenter de récolter ces fruits, GT Solutions explore plusieurs pistes. Des effectifs ont été spécialement consacrés au recrutement. Par ailleurs, la société a ouvert cette année une école en Île-de-France avec l’Afstral, un organisme de formation spécialisé dans le transport et la logistique. Quelque 84 diplômés sortiront chaque année de cet organisme. Ils viendront s’ajouter aux 120 personnes en contrat de professionnalisation qu’accueille le siège de GT à Bassens, près de Bordeaux.

Des réflexions sont également menées sur la qualité de vie au travail et l’encadrement direct des employés. En effet, un bon chauffeur ne fait pas toujours un bon chef d’équipe. « Il faut aboutir une normalisation des relations avec les conducteurs, indique Matthieu Sarrat. Pour se faire, nous devons mettre en place des procédures, tout en prenant garde à ne pas étouffer nos collaborateurs. » Cependant, la question des salaires demeure épineuse. « C’est un point central, précise Michel Sarrat. Nous sommes actuellement dans une période d’entre deux où le mécanisme d’ajustement tarifaire n’arrive pas encore à s’accorder avec le marché. »

Un futur séduisant

En comparaison de ces soucis de mains-d’œuvre, les autres chantiers de la filière semblent plus lointains. Pour autant, GT Solutions se prépare à répondre aux demandes liées aux nouvelles sources d’énergie. Le groupe possède 60 véhicules propulsés au GNV. « Nous regardons les objectifs des gros chargeurs, explique le président du conseil. Nous optimiserons nos moyens en conséquence et nous serons à leur côté. Dans le même temps, il faut aussi afficher l’existence de ces technologies. »

Quant aux services du numérique, l’entreprise vient tout juste de recruter un directeur des systèmes d’information, afin de plancher sur le sujet. « C’est un métier qui va devenir plus attractif sur le plan technologique, affirme Matthieu Sarrat. Les géants du web investissement d’ailleurs dans notre secteur. Les choses vont pas mal chauffer, sans que l’on puisse prévoir avec précision les mouvements à venir. »

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