La famille Zouari est entrée en négociations exclusives pour la prise de la majorité du capital de l’enseigne spécialisée détenue par la société d’investissement Marne & Finance. Les Zouari étaient les plus gros franchisés du groupe Casino. Ils ont investi fin 2019 dans les surgelés après avoir cédé le contrôle de près de 200 Franprix et autres Leader Price.

Après avoir mis la main sur l’enseigne de surgelés Picard en octobre 2019, la famille Zouari (principal master franchisé de Casino) fait son entrée dans le bio. Elle vient d’annoncer être entrée en négociations exclusives avec les actionnaires de Bio c’Bon dans le but de prendre une participation majoritaire dans le capital de l’activité France de l’enseigne. Les banques Messier Maris & Associés et Lazard Frère conseillent les parties dans l’opération. L’offre de reprise de la famille Zouari est soumise à l’approbation de l’autorité de la concurrence.

« Bio c’Bon est une enseigne très appréciée des Français. Cette opération, si elle aboutissait, s’intégrerait pleinement dans la stratégie de développement de la famille Zouari. Investir dans des projets en développement, à la pointe des tendances de marchés et des nouvelles attentes des consommateurs, est dans notre ADN. Par cette opération, la famille Zouari apporterait tout son savoir-faire et sa capacité d’innovation au groupe Bio c’Bon afin d’accélérer son développement », indique Moez Zouari qui préside le groupe familial avec son épouse, Soraya. Pour le président de l’enseigne bio, Thierry Chouraqui, si l’opération aboutit, « elle permettrait de donner un nouvel élan et une nouvelle dynamique à notre groupe qui a un solide potentiel de développement ».

Numéro 3 du bio
Bio c’Bon a été créé en 2008 par Thierry Brissaud. Elle compte 158 magasins en propre et occupe la 3ème place sur ce marché, derrière Biocoop et Naturalia. En 2018, elle a réalisé un chiffre d’affaires de 177 millions d’euros (+18 %) avec 158 magasins dont 123 en France. C’est le seul distributeur qui a réussi son implantation à l’international, entamée en 2014, avec près de 40 points de vente en Italie, Espagne, Suisse, Belgique et Japon. Bio c’Bon est également présent sur l’e-commerce avec un service de click & collect et de livraison, disponible pour Paris et la petite couronne.
L’enseigne, jusqu’alors très discrète, a toujours étonné par son rythme de développement et son modèle de financement. En effet, selon un enquête menée par LSA en 2018, 75 % des investissements sont faits par Bio c’ Bon et les banques et les 25 % restants par des particuliers, qui deviennent des associés. Plus il y a d’associés, plus Bio c’Bon ouvre de magasins. Ce système est risqué car Bio c’Bon garantit des rendements sans liquidités et en misant uniquement sur le développement futur de son parc.
D’ailleurs, depuis quelques mois, l’enseigne était en difficulté. Selon un article publié par LSA en mars, Bio c’Bon aurait engagé de sévères coupes budgétaire, avec l’arrêt des ouvertures de magasins et ne pouvait plus payer ses loyers. La direction de Bio c’Bon avait en effet expliqué se trouver dans un contexte délicat. « L’année 2019 a été difficile pour de nombreuses raisons : les grèves et les manifestations qui ont eu des impacts non négligeables sur les commerces de centre-ville, l’accroissement de la concurrence de la grande distribution avec des prix du bio cassés mais également des spécialistes ». Un enjeu donc important pour la famille Zouari.

Sources LSA